Colloque sur le "De la Considération" de saint Bernard — CMN - ARCCIS : Association pour le rayonnement de la culture cistercienne

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Colloque sur le "De la Considération" de saint Bernard

Du 17 au 20 novembre 2026, un colloque intitulé "Gouvernement de soi, gouvernement des autres. Le traité de Bernard de Clairvaux Sur la Considération" se tiendra à l’Athénée pontifical Saint-Anselme à Rome. Ce colloque approfondira le "De consideratione" de saint Bernard, adressé au pape Eugène III, et sa réflexion sur l’autorité, la connaissance de soi, le service et le gouvernement dans l’Église. Les conférences seront également retransmises en ligne. Le lien de connexion sera communiqué ultérieurement par Saint-Anselme.

Colloque à l’Institut saint Anselme (Rome)

Gouvernement de soi, gouvernement des autres. Le traité de Bernard de Clairvaux "Sur la Considération"

Mardi 17 novembre - Vendredi 20 novembre 2026 à l’Institut saint Anselme

 

À la toute fin de son existence terrestre, sans doute à partir de 1149 et jusqu’en 1153, Bernard de Clairvaux adresse au pape Eugène III, ancien moine de Clairvaux, les livres de son traité Sur la Considération (De consideratione). Cette oeuvre majeure, véritable testament spirituel du moine cistercien, constitue bien plus qu’un simple manuel de gouvernement pontifical. Elle propose une réflexion profonde sur les fondements mêmes de l'autorité dans l'Église et offre une éthique de l’action et une philosophie politique chrétienne où la connaissance de soi devient le préalable indispensable à toute forme de gouvernement. Rédigé dans un contexte de crises multiples – schisme d'Anaclet II dont les séquelles sont encore présentes, révoltes des communes romaines contre l'autorité pontificale, échec cuisant de la deuxième croisade que Bernard avait lui-même prêchée – ce texte se situe à la croisée de plusieurs tensions constitutives :À la toute fin de son existence terrestre, sans doute à partir de 1149 et jusqu’en 1153, Bernard de Clairvaux adresse au pape Eugène III, ancien moine de Clairvaux, les livres de son traité Sur la Considération (De consideratione). Cette oeuvre majeure, véritable testament spirituel du moine cistercien, constitue bien plus qu’un simple manuel de gouvernement pontifical. Elle propose une réflexion profonde sur les fondements mêmes de l'autorité dans l'Église et offre une éthique de l’action et une philosophie politique chrétienne où la connaissance de soi devient le préalable indispensable à toute forme de gouvernement. Rédigé dans un contexte de crises multiples – schisme d'Anaclet II dont les séquelles sont encore présentes, révoltes des communes romaines contre l'autorité pontificale, échec cuisant de la deuxième croisade que Bernard avait lui-même prêchée – ce texte se situe à la croisée de plusieurs tensions constitutives :

Entre théorie politique et mystique contemplative : Comment Bernard parvient-il à articuler une théorie complète du pouvoir ecclésiastique tout en l'ancrant dans une expérience contemplative ? Quel rôle y joue la distinction qu'il opère entre consideratio et contemplatio ?

Entre défense de la papauté et critique de ses dérives : Le traité affirme avec force la plenitudo potestatis du pontife tout en dénonçant les dérives de l'institution. Cette
tension peut-elle être lue comme une critique implicite de certains aspects de la réforme grégorienne et de ses conséquences sur la conception du pouvoir pontifical ?

Entre pouvoir temporel et spirituel : L'interprétation bernardine de la théorie des deux glaives propose une articulation originale des pouvoirs temporel et spirituel qui dépasse la simple revendication théocratique. Comment Bernard se situe-t-il par rapport à la réforme grégorienne ?

Entre universel et particulier : Le traité oscille constamment entre principes universels de gouvernement et conseils pratiques adaptés à la situation spécifique d'Eugène III. Comment cette dialectique structure-t-elle la pensée politique bernardine et permet-elle son actualisation ?

Entre anthropologie et ecclésiologie : La triple distinction du quid, quis et qualis es que Bernard propose à Eugène instaure un lien fondamental entre connaissance de soi et gouvernement des autres. Comment cette anthropologie théologique fonde-t-elle une ecclésiologie originale où l'autorité se comprend davantage comme service (ministerium) que comme domination (imperium) ?

Entre tradition et innovation : Si Bernard s'inscrit pleinement dans une tradition patristique et monastique, sa conceptualisation de la consideratio, qui articule trois modes de considération (dispensative, estimative, spéculative), mérite d’être étudiée par rapport à la pensée politique et spirituelle médiévale.

Livre de chevet de plusieurs papes aux orientations théologiques et ecclésiologiques divergentes, du XIIe siècle jusqu'à Benoît XVI, ce traité continue d'éclairer des débats contemporains essentiels. Dans quelle mesure les réflexions de Bernard sur les excès bureaucratiques et juridiques de la curie résonnent-elles avec les discussions actuelles sur la synodalité et la réforme de la gouvernance ecclésiale ? Comment sa dialectique entre gouvernement de soi et gouvernement des autres peut-elle éclairer les crises contemporaines d'autorité, tant dans l'Église que dans les institutions séculières ? En quoi son insistance sur la consideratio comme préalable indispensable à l'action offre-t-elle un contrepoint pertinent à l'activisme et à l'immédiateté qui caractérisent les modes de gouvernance actuels ?

Comité scientifique : Pierre-André Burton, Cédric Giraud, Guy Lobrichon, Laurence Mellerin, Philippe Nouzille.

 

Voir le programme sur le site de Sant'Anselmo 

 

Les conférences seront retransmises en visio, via un lien qui sera indiqué en son temps par de saint-Anselme.

 

Informations extraites du site officiel de l'ocso