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La miséricorde dans la communauté : se réconcilier, dialoguer, remettre les dettes
Mauro-Giuseppe LEPORI, o.cist. (Collectanea Cisterciensia N°78-2016). Pour approfondir avec vous le thème de la miséricorde en communauté, je voudrais partir d’un passage du Sermon sur la montagne, au chapitre 5 de saint Matthieu: "Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande" (Mt 5, 23-24).
La route du sel. Jalons pour une théologie de la vie cistercienne
Olivier QUENARDEL, ocso (Collectanea Cisterciensia N°79-2017). Chaque fois que je viens aux Bernardins, j’ai le sentiment d’entrer dans un lieu chargé d’une longue histoire. Les pierres et les murs en portent la mémoire. Constructions, destructions, restructurations disent quelle fut leur destination. Ici, pendant cinq siècles, des moines, plutôt jeunes et appartenant à la tradition cistercienne, ont vécu un défi difficile: mener des études sérieuses, en l’occurrence de type universitaire, tout en demeurant d’authentiques chercheurs de Dieu. Aujourd’hui, ce lieu retrouve sa vocation première. Il n’est plus réservé aux moines. Il est ouvert à toute personne qui cherche à mettre du sel dans sa vie, et particulièrement le sel de l’Évangile.
Sainte Gertrude d’Helfta et la spiritualité cistercienne
Gertrude SCHALLER, o.cist. (Collectanea Cisterciensia N°76-2014). Comment ai-je pu accepter de vous parler de sainte Gertrude ici à Cîteaux, dans la maison de Dom Olivier, le grand spécialiste, ami et quasi confident de notre sainte cistercienne? Moi-même, je la fréquente depuis que je porte son nom, mais sans aucune prétention de la connaître à fond. Si je vous parle aujourd’hui, c’est par gratitude envers elle, qui toujours de nouveau m’entraîne vers la louange de l’Ami bien-aimé. Je vais donc me demander avec vous, si et, si oui, comment Gertrude vit de la spiritualité cistercienne.
Servir de ferment à l’autorité de Dieu
Mauro-Giuseppe LEPORI, o.cist. (Collectanea Cisterciensia N°80-2018). Une crise globale. Mes visites aux monastères dans les différentes cultures du monde me font découvrir que nous vivons, en ce qui concerne certains problèmes fondamentaux comme celui de l’autorité, dans une culture globalisée et que nous sommes en présence des mêmes défis. Bien sûr, la crise de l’autorité ne provoque pas les mêmes réactions chez un Américain, un Asiatique, un Africain ou un Européen, mais il est évident que toutes ces cultures, qui sont complexes aussi à l’intérieur d’elles-mêmes, sont confrontées à une crise profonde de l’autorité, et donc de l’obéissance. Et la caractéristique commune est que, dans cette crise, tout le monde est désorienté, que personne ne sait comment en sortir, ne sait par où commencer une réforme, un renouveau, une reconstruction de ce qui semble détruit. S’agit-il de retrouver ce qui est perdu ou de découvrir ce qu’on n’a pas encore?
Saint Bernard. Une vie monastique pour toute l’Église et pour le monde
Joël REGNARD, ocso (Collectanea Cisterciensia N°77-2015). 1. Une vie monastique solidaire. Ce qui marque les débuts cisterciens, depuis Molesme, c’est l’expérience d’un "nous" qui revient souvent dans les textes – "les frères et l’abbé décidèrent" –, ce "nous" qui s’accompagne d’un souci d’unanimité dans la Charte de charité. On retrouve ce "nous" dans la tradition de Clairvaux, dans l’Exorde de Cîteaux par exemple, avec le "propositum (projet)" commun. Bernard va élargir ce "nous" à l’Église dans toute sa diversité, mais aussi à la société et au monde, car, du temps de Bernard, encore plus qu’aujourd’hui, il est impossible de dissocier l’Église de la société et du monde.
Clairvaux, « École d’amour », sous l’abbatiat de saint Bernard
Raffaele FASSETTA, ocso (Collectanea Cisterciensia N°78-2016). Saint Benoît, à la fin du prologue de sa Règle, affirme que son propos est de « fonder une école du service du Seigneur ». L’attachement des cisterciens du XIIe siècle à la règle de saint Benoît est bien connu ; cependant, sur ce point, comme sur d’autres d’ailleurs, ils ne se privent pas de la réinterpréter, de compléter et de développer ce qu’elle se limitait à suggérer ou à esquisser. Ainsi, pour eux, le monastère n’est pas seulement une école où l’on sert le Seigneur, mais « une école d’amour », où l’on apprend « l’art des arts », qui est l’art d’aimer. On entre au monastère pour apprendre à aimer : aimer Dieu, ou plutôt accueillir son amour, car Dieu nous a aimés le premier (1 Jn 4,19), et notre amour ne peut être qu’une réponse ; et aimer le prochain. Les deux amours sont indissociables en régime chrétien : ils ne sont guère possibles l’un sans l’autre. Cela vaut à plus forte raison pour les cisterciens, qui ne sont pas des ermites, mais des cénobites : leur vie commune soutient et stimule leur recherche de Dieu, et la préserve de dangereuses illusions.
