Mauro-Giuseppe LEPORI, o.cist. (Collectanea Cisterciensia N°80-2018). Une crise globale. Mes visites aux monastères dans les différentes cultures du monde me font découvrir que nous vivons, en ce qui concerne certains problèmes fondamentaux comme celui de l’autorité, dans une culture globalisée et que nous sommes en présence des mêmes
défis. Bien sûr, la crise de l’autorité ne provoque pas les mêmes réactions chez un Américain, un Asiatique, un Africain ou un Européen, mais il est évident que toutes ces cultures, qui sont complexes aussi à l’intérieur d’elles-mêmes, sont confrontées à une
crise profonde de l’autorité, et donc de l’obéissance. Et la caractéristique commune est que, dans cette crise, tout le monde est désorienté, que personne ne sait comment en sortir, ne sait par où commencer une réforme, un renouveau, une reconstruction de ce qui
semble détruit. S’agit-il de retrouver ce qui est perdu ou de découvrir ce qu’on n’a pas encore?
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Joël REGNARD, ocso (Collectanea Cisterciensia N°77-2015). 1. Une vie monastique solidaire. Ce qui marque les débuts cisterciens, depuis Molesme, c’est l’expérience d’un "nous" qui revient souvent dans les textes – "les frères et l’abbé décidèrent" –, ce "nous" qui s’accompagne d’un souci d’unanimité dans la Charte de charité. On retrouve ce "nous" dans la tradition de Clairvaux, dans l’Exorde de Cîteaux par exemple, avec le "propositum (projet)" commun. Bernard va élargir ce "nous" à l’Église dans toute sa diversité, mais aussi à la société et au monde, car, du temps de Bernard, encore plus qu’aujourd’hui, il est impossible de dissocier l’Église de la société et du monde.
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