Un Centre dédié à la culture cistercienne

Les Amis des Monastères
n° 148 - octobre 2006
CERCCIS, un centre dédié à la culture cistercienne à l'Abbaye de Cîteaux


En juillet 2003, l’abbaye de Cîteaux mettait gratuitement à la disposition de l’Association pour le Rayonnement de la Culture Cistercienne(Arccis) un bâtiment pour y abriter le Centre Européen pour le Rayonnement de la Culture Cistercienne(Cerccis). Trois ans plus tard, une partie de ce bâtiment, complètement aménagée, va commencer à fonctionner. Dans quel contexte ? Dans quel but ? Avec quels moyens ?
1. L’association Arccis et les besoins recensés
L’Arccis (association loi 1901) a été fondée en 1996 pour diffuser, défendre, faire rayonner la culture cistercienne, en prenant cette expression dans son sens le plus large : tout ce qui fait vivre une communauté monastique cistercienne, soit au point de vue matériel (architecture, propriétés, arts…) soit au point de vue spirituel (littérature spirituelle, en particulier), en privilégiant ce dernier aspect. L’association est composée essentiellement de communautés de la Famillecistercienne (Ordre cistercien, Ordre cistercien de la stricte observance, Ordre de moniales cisterciennes bernardines d’Esquermes, Bernardines de Suisse et laïcs liés à des communautés). Elle est donc attentive à tout ce qui touche la culture cistercienne, sensible aux besoins de notre société et prête à y répondre dans la mesure de ses possibilités.

Depuis toujours, mais le phénomène semble s’amplifier, des étudiants ou des chercheurs ont souhaité être éclairés sur tel ou tel point de l’histoire cistercienne, de son patrimoine littéraire, architectural ou foncier, sur la bibliographie disponible sur tel auteur ou tel sujet précis. Jusqu’à présent, ils s’adressaient à une personne ou à une abbaye dont ils avaient les coordonnées, sans forcément toujours obtenir la ou les réponses attendues.

Il existait aussi une demande, venant surtout des États-Unis, pour l’instauration de séjours d’études sur le terrain, d’organisation de visites d’anciennes abbayes, de colloques animés par tel ou tel spécialiste, un peu comme une université d’été pour des étudiants et leurs enseignants.

Par ailleurs, certains fonds rassemblés par des chercheurs, moines ou laïcs, risquaient, et risquent toujours, à leur décès, au mieux de dormir dans des caisses sans être ni connus ni exploités, au pire de disparaître complètement.

La revue « Cîteaux. Commentarii cistercienses » avait longtemps cherché à s’implanter, de façon durable et plus fonctionnelle, dans un lieu précis, bien situé, convenablement aménagé et équipé. En fait, pour elle, une autre solution sera trouvée avant qu’elle ne fasse appel à l’association.

Fortement interpellée par toutes ces demandes, l’Arccis s’est demandée comment y répondre.

2. Dans le passé, deux autres projets
Dans le passé récent, deux projets avaient déjà été élaborés pour répondre à des demandes de ce genre. Le premier fut initié dans le contexte du neuvième centenaire de la naissance de saint Bernard (1090). La « maison natale » de saint Bernard, à Fontaine-lès-Dijon, se présente comme un corpus de bâtiments, comprenant des chapelles et des locaux d’habitation, le tout flanqué d’une imposante basilique érigée en 1891. L’état de ces lieux, inoccupés et laissés à l’abandon, se détériorait, et il fallait d’abord penser à une restauration. L’association propriétaire, en lien étroit avec la commune et avec l’aide des pouvoirs publics, s’employa à achever la basilique et à rénover les toitures de l’ensemble. Il restait à restaurer les autres bâtiments, mais pour quel usage ? C’est là que l’on envisagea d’en faire un centre de recherches et de rencontres, ayant pour objet le rassemblement, l’étude, la communication de toutes les informations concernant les cisterciens, leur histoire, leur spiritualité. Pour cela, on créa l’association « Présence cistercienne » ; c’est elle qui devait mettre sur pied ce entre et l’animer, aidée dans cette tâche par un comité scientifique. Elle devait donc réhabiliter les locaux et prévoir le fonctionnement du Centre. Beaucoup d’énergie fut dépensée pour définir les réalisations concrètes à mettre en œuvre, ainsi que les équipements à prévoir. Les années passèrent, et l’on arriva à la préparation d’un autre anniversaire : le neuvième centenaire de la fondation de l’abbaye de Cîteaux (1098). Ce projet disparut au profit d’un autre, plus ambitieux.

Dès 1995, le monde monastique et les autorités civiles engagèrent la préparation de cette nouvelle célébration en créant l’association « Cîteaux 98 », pour coordonner l’ensemble des projets et informer. L’abbaye de Cîteaux se trouva évidemment en première ligne. On pensa à restaurer les bâtiments historiques, la bibliothèque du XVe siècle et le bâtiment du Définitoire. La question de leur usage fut bien sûr posée par ceux qui financeraient les restaurations. La communauté tenait à sauvegarder sa vie monastique, avec sa part de silence. Finalement, fut organisé le « Parcours des visites », qui existe toujours à Cîteaux : le public peut découvrir les bâtiments anciens de Cîteaux dans le cadre de visites guidées, qui l’introduisent non seulement à l’architecture, mais aussi à ce qui constitue l’essentiel de la vie monastique dans les lieux phares d’un monastère cistercien (scriptorium, chapitre, église…) et dans les activités quotidiennes d’un moine (prière, lectio, chapitre…). La bibliothèque fut restaurée et l’on y aménagea une exposition permanente sur les manuscrits cisterciens anciens. Mais que faire du Définitoire ? Le bâtiment est très vaste, et l’on rêva d’y regrouper sessions et rencontres monastiques, réunions des Conférences Régionales de l’Ordre cistercien de la stricte observance, de ses Commissions Centrales ; et on alla jusqu’à évoquer la tenue de Chapitres Généraux, sans compter journées d’études, universités d’été ou colloques pour chercheurs. La liste des possibilités était longue et pouvait donner le vertige, mais chacun avait conscience qu’il fallait d’abord prendre l’avis de la communauté de Cîteaux sur ce projet. Or celle-ci, devant l’ampleur des manifestations qui s’annonçaient pour la célébration de ce centenaire, préféra que l’on diffère le projet. Plus tard, une fois les fêtes terminées et après quelques changements dans le monde politique, il devint évident que la restauration de ce bâtiment n’était plus à l’ordre du jour.

3. À Cîteaux, un centre d’études et de recherches pour la culture cistercienne : le Cerccis
Ces deux projets, très différents l’un de l’autre, n’ont donc pas abouti. Pourquoi alors lancer autre chose ? Tout d’abord, la célébration du neuvième centenaire de Cîteaux avait montré qu’un centre de renseignements peut avoir un résultat très bénéfique pour l’information et la coordination des projets. Durant cette année-là, une petite équipe de laïcs, financée par le Conseil régional de Bourgogne dans le cadre du Comité régional du tourisme, avait assuré ce service, d’une manière discrète, efficace, et certains auraient sans doute souhaité qu’elle continue son travail. Mais une fois la fête finie, les finances publiques allèrent soutenir d’autres projets.

Les questions de chercheurs ou d’étudiants continuaient d’affluer et le problème de la conservation des fonds d’archives se posait toujours. Mais, fait nouveau, une communauté cistercienne dut alors cesser d’exister, et elle put faire don à l’abbaye de Cîteaux de toute la partie cistercienne de sa bibliothèque, avec la possibilité de le mettre en dépôt dans le centre projeté s’il venait un jour à exister. Sans être grand prophète, on peut penser que d’autres communautés cisterciennes pourraient avoir un destin semblable dans les prochaines décennies. Par ailleurs, des fonds de chercheurs cisterciens furent aussi apportés à Cîteaux : celui du Père Eugène Manning (avec les fonds restant de la Documentation cistercienne) et celui du Père Maur Cocheril, grand spécialiste des monastères cisterciens de la Péninsuleibérique, ceux de Dubuc et de Aubert. Le moment n’était-il pas venu de proposer une structure adaptée ?

Assez rapidement, on se mit d’accord sur un lieu : la communauté de Cîteaux, en la personne de son père abbé, proposa de mettre à disposition la partie inoccupée d’un bâtiment nommé « Cherlieu ». Placé en limite de la clôture, il avait l’avantage d’être directement accessible de l’extérieur, sans pénétrer dans l’enceinte monastique. Mais il fallait l’aménager, en ne gardant que les murs et la toiture.

Les membres de l’association ne pouvaient donner davantage de leur temps pour ce projet. Il fut donc décidé d’embaucher un salarié à temps partiel. Sa tâche serait double : trouver des financements possibles, localement, mais aussi au niveau européen, et aussi prévoir l’aménagement concret des lieux.

Un architecte fut contacté. Il fit une étude très détaillée de l’aménagement global et de son coût. Mais l’association était alors si démunie qu’elle ne put même pas, dans un premier temps, régler la note de l’architecte (elle s’en acquittera plus tard). Tout était donc prêt pour commencer : nous avions un projet clair, avec déjà des documents en dépôt ; nous avions un lieu pour les abriter, que l’on pouvait aménager très facilement. Il ne manquait plus qu’une chose, mais fondamentale : le financement. Une association comme la nôtre dispose de quelques ressources pour son fonctionnement ordinaire, mais elles sont très modestes, et en tout cas tout à fait insuffisantes pour mener à terme un projet de cette ampleur. C’est alors qu’à notre grande surprise, un généreux donateur, qui a tenu à rester anonyme, mis au courant du projet, a offert 100 000 euros, disponibles immédiatement. Nous avons vu dans ce geste le signe qu’il fallait nous lancer.

En même temps, nous avions mis sur pied un comité scientifique. Notre projet est cistercien, mais il veut être en lien avec les autres centres de recherches, en particulier les universités, les bibliothèques publiques, les centres d’archives. Depuis 2003, ce comité se réunit une fois par an. Il est informé de l’évolution du projet, donne son avis sur des orientations à prendre, fait des suggestions, propose des solutions. Il nous paraît important de ne pas être isolé dans le monde de
a recherche.

À cette époque-là, nous avons récolté d’autres fonds auprès des communautés cisterciennes ; quelques laïcs nous ont également aidés, ou des organismes, comme la Fondationdes monastères, la Directiondes Affaires culturelles de Bourgogne, le Conseil général de Côte d’Or. Pourtant, il ne nous était pas possible de réaliser le projet global ; nous avons donc décidé de réaliser le projet en plusieurs tranches, en fonction de nos disponibilités, veillant toujours à garder suffisamment d’avances pour le fonctionnement du Centre, en particulier pour rémunérer la personne salariée. Nous avons fait en sorte que les aménagements réalisés, même s’ils sont partiels, comportent une cohérence globale, et rendent possible l’exploitation des lieux. Et c’est ainsi que 90 mètres carrés, sur deux niveaux, ont été réalisés en 2005. On trouve, au rez-de-chaussée : une salle d’accueil, une salle de réunion pour une quinzaine de personnes et un lieu de stockage sommaire ; à l’étage : deux petites salles de travail et une bibliothèque. Tel qu’il se présente, le Centre peut déjà fonctionner.

L’année 2006 et le début de 2007 vont se passer en rangement et mise en place, en particulier pour la bibliothèque. L’inauguration est déjà prévue pour le vendredi 20 avril 2007.

4. Les atouts de ce projet
En ce mois d’octobre 2006, quels nous paraissent être les atouts de ce projet ? Tout d’abord, il est modeste : nous n’avons voulu réaliser que ce dont nous avions les moyens (financiers et humains), sans prendre de risques. Et puis, il veut répondre à des besoins précis, concrets ; nous n’avons pas à chercher des activités pour ce Centre : elles sont toutes trouvées et correspondent tout à fait au but de notre association. À la différence des précédents projets, ce Centre n’a pas pour vocation, même secondaire, d’occuper un bâtiment à restaurer. Cela nous donne beaucoup plus de liberté, et évite un surdimensionnement difficile à pérenniser.

Il est, par ailleurs, adossé à une association solide qui regroupe toute la Famillecistercienne. Elle est présidée et dirigée par un certain nombre de supérieurs de communauté ; les laïcs présents sont très actifs et illustrent bien ainsi leur participation spécifique au charisme de nos fondateurs.

La proximité d’une abbaye vivante est importante dans notre projet, puisque notre association n’a pas pour but premier la préservation du passé – même si nous estimons cette démarche légitime et si nous voulons y contribuer selon la mesure de nos moyens ; mais notre association Arccis, avec le Centre qui en dépend, veut montrer que la tradition cistercienne est une réalité d’aujourd’hui, toujours vivante dans des communautés et des personnes. Par ailleurs, nous ne sommes pas situés auprès d’une abbaye quelconque, mais bien auprès de celle de Cîteaux, le lieu source de toute la Famillecistercienne. Les célébrations de 1998 en ont fait prendre une conscience plus vive, et, en cela, elles ont peut-être été un révélateur pour beaucoup de ce qu’est et de ce que pourra être une « Famille cistercienne ».

Le Cerccis n’a pas de relation structurelle ou institutionnelle avec des organismes publics (nationaux, régionaux ou locaux) ; s’il ne peut compter sur le soutien que pourraient apporter de telles structures, cela lui donne, en contrepartie, une plus grande liberté d’action. Le comité scientifique assure un lien avec le monde « culturel », mais c’est un lien de collaboration, qui n’a rien de contraignant.

5. Les réalisations
L’Arccis n’a pas attendu la mise en route du Centre pour développer des activités. La culture se manifestant de manière privilégiée par des écrits, assez vite l’association a collaboré à des éditions d’ouvrages. Pour des raisons commerciales et fiscales, elle s’est unie pour cela avec un autre éditeur, les Éditions monastiques de l’abbaye de Bellefontaine, et c’est ainsi qu’une quinzaine de titres ont déjà été publiés sur des sujets touchant la vie cistercienne : un auteur précis, comme l’Abbé de Rancé, l’histoire d’une communauté (Lérins et Bellefontaine), des études sur un auteur (plusieurs sur Guillaume de Saint-Thierry), etc. Ces ouvrages sont toujours disponibles.

Nous avons été aussi à l’initiative de plusieurs CD audio présentant diverses facettes de la vie et de la spiritualité cisterciennes. Le Studio SM s’est chargé de leur réalisation et de leur diffusion. Une vidéo a aussi été réalisée pour faire découvrir aux jeunes la vie cistercienne et amorcer un dialogue avec eux.

À la fin de l’année 2001, une revue, « Liens cisterciens », a été lancée à destination principalement, mais non exclusivement, des laïcs qui fréquentent les monastères sans forcément bien connaître la vie cistercienne. Deux numéros par an, d’une quarantaine de pages chacun, présentent toute la richesse de la Famillecistercienne : histoire, spiritualité, actualité, etc. 500 exemplaires sont diffusés actuellement, dont 350 par abonnement.

Nous avons voulu répondre aussi à une autre demande : celle de personnes qui font des recherches sur la vie cistercienne, tout en exerçant parfois un autre métier, et qui souhaitaient se rencontrer, car souvent isolées dans leur recherche. Leur deuxième journée de rencontre s’est déroulée à l’abbaye de La Trappe, le 8 septembre dernier. Pour la trentaine de participants, neuf contributions ont été données, dans des domaines aussi divers que la théologie, l’architecture, l’histoire des institutions, l’histoire de l’art, les archives. Une fois les recherches exposées, chaque intervention a été suivie d’un échange avec les autres membres du groupe. La rencontre avec la communauté monastique qui accueillait a été très appréciée par tous.

À notre époque, il nous était impossible de ne pas être présent sur la Toile. Unsite Internet présente brièvement ce que nous sommes, quelles sont nos activités. Parmi celles-ci, il privilégie ce que nous avons appelé une « petite bibliographie cistercienne ». Il ne s’agit pas d’une bibliographie exhaustive, mais d’une première approche bibliographique sur notre vie cistercienne, depuis le XIIe siècle jusqu’à nos jours. On peut la télécharger très facilement ; si on l’imprime, elle fait tout de même plus de 250 pages ! Nous souhaitons la tenir à jour au fur et à mesure des nouveautés.

6. Les développements possibles
Dans l’avenir, on peut penser que ce Centre continuera ce qui est commencé, mais aussi qu’il poursuivra ses activités en les développant ou en en créant de nouvelles.

Ainsi, notre intention n’est pas de constituer en ce lieu une bibliothèque cistercienne complète – telle ou telle communauté en possède déjà une et peut la mettre à la disposition des chercheurs. Mais notre souhait est d’avoir une bibliothèque de base, spécifique, où l’on peut trouver les outils fondamentaux pour une recherche. Cela dépendra évidemment des dons ou dépôts de documents qui seront faits. La partie non aménagée des locaux pourrait alors être mise en service dans la mesure des besoins.

Jusqu’à présent, nous n’avons reçu en dépôt que quelques fonds de chercheurs, mais nous connaissons tous de ces personnes qui ont consacré toute leur vie à l’étude d’une ancienne abbaye cistercienne, par exemple. Il n’est pas sûr que leurs héritiers montrent autant d’intérêt qu’eux pour l’objet de leur recherche. Le Centre pourrait alors recevoir une quantité notable de fonds de chercheurs, à condition que cette possibilité soit largement connue autour de nous.

Tous les fonds documentaires ainsi rassemblés, sous forme de livres, documents photographiques, sonores ou numériques, ou autres, devront être classés et, éventuellement, numérisés. Pourquoi ne pas aussi les présenter sur le site Internet ?

En ce qui concerne les archives, il n’est pas question de regrouper toutes les archives cisterciennes dans ce Centre, mais on pourrait, par exemple, faire l’inventaire de tout ce qui existe dans les communautés, créer des répertoires, etc. ; les chercheurs auraient ainsi des outils très précieux pour leurs travaux. Il s’agit là d’un travail très utile, mais en même temps énorme, car il est probable que beaucoup de fonds d’archives ne sont pas encore classées. Il faudrait alors faire ce travail préalable, former des archivistes…

Le site Internet, lui, pourrait être beaucoup plus développé et devenir un véritable outil de communication. Autre champ d’activité : sur place, on pourrait organiser des expositions pour faire connaître la vie cistercienne hier et aujourd’hui ; les thèmes possibles ne manquent pas.

Une autre piste pour des actions serait de prendre contact avec d’autres pays (pays limitrophes de la France, mais aussi Etats-Unis ou d’autres encore), pour connaître leurs richesses, leurs besoins, et voir si une collaboration serait possible et souhaitable pour eux et pour nous. Des communautés de ces pays font déjà partie de l’Arccis, et plusieurs fois déjà, des Italiens sont venus à notre assemblée générale.

Nous n’avons fait qu’énumérer quelques lignes de développement possibles, mais elles suffisent pour montrer que le Cerccis n’est pas prêt de manquer de projets à réaliser ou d’objectifs à atteindre.

7. Les moyens
Ce que nous venons de dire ne doit pas faire illusion : nous ne voulons pas un développement tous azimuts. Nous voulons d’abord et avant tout poursuivre, améliorer, développer ce qui existe déjà. Et notre préoccupation actuelle essentielle est de trouver des ressources régulières pour assurer le fonctionnement du Centre. Il nous faudrait, pour travailler dans de bonnes conditions, 60 000 euros par an, et nous sommes loin de les avoir réunis. Nous avons bien quelques pistes, mais l’avenir à moyen terme n’est pas encore assuré. Ce projet doit être évidemment soutenu par les communautés cisterciennes, mais il nous semble que ce sont les laïcs qui sont et seront les premiers bénéficiaires du travail que nous avons entrepris, et donc que ce serait à eux de soutenir ce Centre, soit de manière individuelle – certains le font déjà –, soit sous forme de mécénat ou sous d’autres formes. Si ce projet est voulu par le Seigneur, il trouvera bien le moyen de nous envoyer les secours dont nous avons besoin pour le réaliser, à condition que nous mettions, nous aussi, la main à la pâte.

Par la suite, si les projets devaient être développés, il nous faudrait augmenter le personnel ou bien trouver des personnes bénévoles, aménager les autres parties du bâtiment mises à disposition, et donc chercher d’autres ressources financières.

En rendant grâce au Seigneur pour le chemin parcouru et pour tout ce qui est déjà commencé, nous contribuons un peu plus au « rayonnement de la culture cistercienne », mais beaucoup reste encore à faire. Heureusement, nous ne sommes pas seuls. De nombreux amis sont prêts à nous aider. Nous pensons que le projet en vaut la peine : faire connaître à nos contemporains, pour qu’ils en vivent, ce qu’a été la culture cistercienne, et comment elle fait vivre encore aujourd’hui des moines et des moniales, et des laïcs de plus en plus nombreux. C’est un projet d’Église déjà assumé par chaque communauté cistercienne, mais qui peut prendre une autre dimension, plus vaste, en touchant davantage de nos contemporains, si nous y travaillons tous ensemble.

signé : F. Hervé Briand, F. Gérard Joyau, du conseil d’administration de l’Arccis


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