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La culture cistercienne
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L'objet de cet article est de tenter une approche de ce que recouvre "la culture cistercienne". Cette approche a été faite dans l'esprit d'ouvrir un dialogue et d'approfondir cette réalité vivante, au-delà des seuls horizons d'ARCCIS, avec d'autres personnes intéressées par cette réflexion. Vous pouvez faire part de vos remarques à l'adresse suivante : arccis-culture cistercienne
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Culture cistercienne. Sa nature et son actualité. Premières approches Introduction L’objet de l’Association pour le Rayonnement de la Culture Cistercienne (ARCCIS) est ainsi défini à l’article 3 des statuts : « Cette association a pour but de faire connaître le plus largement possible la culture cistercienne sous toutes ses formes, de la défendre éventuellement contre des interprétations erronées ou tendancieuses, et de favoriser la pratique de la spiritualité cistercienne. Pour cela, elle utilise les moyens qui lui paraissent les plus appropriés. » Des recherches montreraient qu’avant cette association, on a peu parlé de culture cistercienne[1]. Au moment de la rédaction des statuts, certains auraient d’ailleurs préféré que le mot patrimoine soit utilisé à la place du mot culture, mais c’est finalement ce dernier qui a été retenu. Plus récemment, la journée d’étude du mois de septembre[2] pour les « chercheurs isolés », organisée par l’ARCCIS a été appelée assez spontanément « journée du patrimoine », mais cette appellation a été remise en cause lors d’un conseil d’administration en 2006. Il semble donc y avoir hésitation entre les deux termes « culture » et « patrimoine », car on ne perçoit pas bien la spécificité de chacun. Préciser le sens de l’expression « culture cistercienne » peut donc aider à prendre une conscience plus claire de l’objet propre de l’association, et peut, en outre, permettre à tous ceux qu’intéresse le « phénomène cistercien » de préciser en quoi cette culture peut les toucher dans leur vie d’aujourd’hui. Les réflexions qui suivent ne sont qu’une première approche du sujet. Toutes réflexions, corrections, suggestions et autres remarques seront accueillies avec grande reconnaissance. Voir en fin d’article comment les faire parvenir. A – Qu’est-ce que la culture ? Le mot « culture » désigne plusieurs réalités, qui ne sont évidemment pas sans lien entre elles. À partir de l’étymologie du mot, on peut déjà énumérer les principaux sens. Une analyse plus fine permet ensuite de distinguer les emplois du mot touchant le caractère « non uniquement matériel » de l’être humain ; et enfin on mentionnera un sens tout à fait dérivé[3], qui ne nous intéresse pas directement d’ailleurs pour cette étude. 1. Étymologie et sens principaux[4] En latin, le supin[5] cultum (de coleo, cultiver, vénérer) a donné trois noms : cultio, qui n’a rien donné en français ; cultura, qui signifie l’action de cultiver la terre, et, au figuré, l’action d’éduquer l’esprit, de vénérer ; cultus, qui a un sens moral, ou s’emploie dans un contexte religieux. Le mot « culture », qui dérive de cultura, désigne donc le fruit de l’intervention de l’homme, dans différents domaines : - il a d’abord un lien avec la terre : « champ labouré, terre cultivée et ensemencée » (1150) ; c’est le même sens lorsque l’on parle de « l’action de faire croître certains micro-organismes en milieu approprié » ; - puis au XVIe siècle, il désigne le « développement des facultés intellectuelles par des exercices appropriés » (1549) - enfin, au XXe siècle, sous l’influence de l’utilisation du mot en anglais et en allemand, il en vient à désigner l’« ensemble des formes acquises de comportement dans les sociétés humaines » (v. 1923, M. Mauss). 2. Plusieurs significations de la culture sont liées au caractère « non uniquement matériel » de l’être humain[6]. On peut distinguer ici quatre
acceptions, quatre significations fondamentales du terme « culture »,
en allant de la plus générale à la plus restreinte, de l’extension la plus
large à l’utilisation la plus réduite. On peut ainsi envisager l’homme comme
espèce (biologique, non animale), l’homme comme société (« les êtres humains »
envisagés comme groupes, auteurs de pratiques collectives, informées par des
rapports sociaux objectifs, c’est-à-dire indépendants des individus qui les
mettent en acte) et enfin l’homme comme individu, lequel est d’ailleurs loin d’être
un. 21. Sens ethnographique : nature-culture Dans un premier sens, très général, culture signifie tout ce qui, chez un être humain, ne lui est pas donné par sa naissance (sens étymologique de « nature »). La culture est comme la forme ou le produit spécifique de la vie sociale humaine et de l’insertion de cette espèce dans la nature. La culture d’un être humain, c’est tout ce qu’il n’a pas reçu directement dans sa naissance, on pourrait dire biologiquement. Le sens est donc extrêmement large. 22. Sens sociétal (i.e. caractérisant une société donnée) Le
mot « culture » est employé souvent dans un sens plus restreint que
le précédent. Il rend alors compte
des différences entre les peuples, les sociétés, les ethnies, les groupes
sociaux à l’intérieur de structures communes, de nature économique ou politique
en particulier mais pas uniquement. La culture conçue dans ce
sens se compose de deux groupes d’éléments en interaction : la culture du
quotidien, c’est-à-dire un mode de vie particulier, qui se définit par les
mœurs, les mentalités, les coutumes, les normes ; et les systèmes de
symboles qui donnent un sens à ce mode de vie et expriment l’image que la
société se fait d’elle-même, image dans laquelle chaque membre se reconnaît
plus ou moins[7]. La culture désigne alors ce qui unit un groupe de personnes, une « société » : une nation, un peuple, les adhérents à une religion, etc. C’est dans ce sens que l’on parle de choc des cultures, inculturation, interculturalité, France multiculturelle[8], etc. Tout ce qui concerne la culture prise dans ce sens se
rattache, en France, au ministère de l’intérieur (et des cultes). 23. Sens « spirituel » Culture désigne ici les élaborations spirituelles dans lesquelles se reconnaissent des groupes humains même si ou parce qu’elles sont en partie des créations d’individualités, comme les œuvres artistiques, les croyances religieuses, les constructions scientifiques, les discours philosophiques. Ces formes culturelles se constituent et se conservent (c’est-à-dire s’autonomisent - plus ou moins - dans le temps, comme tradition et comme œuvres) dans les sociétés historiques, dans toutes ou dans partie d’entre elles seulement, pour certaines de ces formes, comme, par exemple : les religions, les arts, les philosophies, les littératures, les sciences[9]. Le fait de la culture indique que des sociétés données accordent une certaine valeur à des œuvres symboliques que certains agents « créent » et que d’autres « goûtent » ou rejettent[10]. Il s’agit alors de tout ce qui est produit par l’esprit et qui est reconnu comme tel. En
France, la culture dans ce sens est rattachée au ministère du même nom, « de
la culture[11] ». Ce ministère
touche les domaines suivants[12] : architecture,
patrimoine ; archives ; cinéma ; langue française ; livre,
lecture ; musées ; musique, danse, théâtre. Ce sens est plus étroit que le sens précédent, puisqu’il ne tient pas compte directement des habitudes de vie, des activités de production, etc. 24. Sens populaire Il faut enfin signaler l’expression : « cette personne fait montre d’une grande culture », ou bien, « c’est quelqu’un de cultivé ». Le mot culture désigne alors une grande formation, une grande connaissance des arts, de la littérature, en un mot de tout ce qui est désigné dans le sens précédent mais du point de vue de la connaissance qu’en a une personne. Il s’agit ici de la culture d’une personne. On parle dans ce cas de sa « culture générale ». 3. Sens dérivé : culture physique (1808), puis culturisme et culturiste : c’est une « forme de développement de la musculature, donnant lieu à une esthétique du corps très artificielle et à des concours ». Ce sens touche le corps en tant que matière à transformer. Il ne nous intéresse pas directement dans notre propos. Conclusion : la signification du mot culture est donc loin d’être étroite ou univoque. Elle est le plus souvent liée à ce qui est le propre de l’homme, l’« esprit ». On pourrait dire alors que le mot « culture » revêt deux sens principaux : - la culture modus vivendi (cf. ci-dessus 22.) : c’est la forme que prend la vie d’une société donnée, avec tous les symboles qui s’y rapportent ; - la culture ars irradiandi (cf. ci-dessus 23.) : une société montre ce qu’elle est par certaines productions de ses membres, dans lesquelles l’ensemble de ses membres se reconnaît. Les qualificatifs « modus vivendi » et « ars irradiandi » seraient sans doute à critiquer, et on pourrait probablement les remplacer par des expressions plus adéquates ou plus pertinentes. Faute de mieux, ils serviront néanmoins à rendre plus clair la suite de cet exposé[13]. B – La culture cistercienne Après avoir analysé ce que peut recouvrir le mot « culture », nous en venons au sens de l’expression « culture cistercienne ». Que recouvre-t-elle exactement ? 1. Culture ars irradiandi[14] Il n’est pas très difficile de deviner où elle peut être située. En effet, si l’ars irradiandi désigne bien tout ce qui est produit par l’esprit de certaines personnes et intégré par l’ensemble de ceux qui appartiennent à un groupe, elle s’applique manifestement au groupe des cisterciens dans son ensemble. Elle comporte une part importante de patrimoine (ce que nous recevons des « pères », selon l’étymologie du mot patrimoine : littérature, spiritualité, architecture, arts, etc.), mais ne s’y limite pas. La culture cistercienne dépasse la notion de patrimoine, tout en l’englobant[15]. Alors que celui-ci est essentiellement un « objet transmis », la culture est ce qui le rend vivant aujourd’hui, qui le respecte, mais aussi qui l’adapte, le transforme, l’enrichit, le complète, en fonction des besoins de la famille cistercienne. La culture d’aujourd’hui pourra ainsi devenir le patrimoine de demain, vivifié à son tour dans une culture renouvelée. Notons que, dans ses attributions, notre association, dans son champ d’action, est proche, mutatis mutandis, de celui d’un ministère de la culture dans un gouvernement. 2. Culture modus vivendi[16] Mais est-ce suffisant d’assimiler la culture cistercienne seulement à une culture ars irradiandi ? En effet, dès le Petit Exorde, les cisterciens se distinguent des autres moines par un lieu, un habitat, une manière de se nourrir, de se vêtir, ce qui n’a rien à voir avec une ars irradiandi, mais bien avec un modus vivendi. Il me semble donc que, lorsque l’on parle de culture cistercienne, il faut y inclure aussi le modus vivendi cistercien. Ce modus vivendi est bien spécifique, et d’ailleurs, les cisterciens sont soucieux de sa transmission, autant sinon plus que la transmission du patrimoine cistercien. Ci-dessous (C), un tableau énumère un certain nombre de points qui concernent aussi bien l’ars irradiandi que le modus vivendi. 3. Une source commune : la spiritualité cistercienne La culture cistercienne tiendrait donc à la fois du modus vivendi et de l’ars irradiandi, sans pouvoir être réduite à l’un ou l’autre de ces pôles à l’exclusion de l’autre. On peut d’ailleurs se demander si le fait d’unir ainsi les deux sens du mot culture si étroitement (par exemple, simplicité dans le vêtement et simplicité dans l’architecture ou le chant) ne serait pas une spécificité cistercienne. En effet, si ces deux pôles sont unis, c’est qu’ils prennent naissance dans une unique source, qui est la spiritualité cistercienne, c’est-à-dire une manière spécifique de vivre la relation à Dieu[17]. Cette spiritualité s’incarne dans la vie concrète (modus vivendi), sinon elle n’existerait pas ; mais il y a plus : certains, dans leur démarche spirituelle elle-même, sont poussés à créer des œuvres qui donneront « corps » et visibilité au charisme vécu par tous (ars irradiandi). Cette culture ars irradiandi se projette alors hors du monde cistercien et le fait reconnaître pour ce qu’il est, tandis qu’à l’intérieur des communautés et pour chacun de leurs membres, le modus vivendi de la vie quotidienne façonne les êtres pour en faire des moines, des moniales, « culturellement » cisterciens, quoi qu’il en soit par ailleurs de leur sainteté. Ce point de la spiritualité comme fondement du modus vivendi et de l’ars irradiandi paraît capital et mériterait d’être approfondi pour montrer la cohérence globale de l’ensemble du phénomène cistercien dans ses multiples manifestations dans le temps et l’espace. Ce n’est peut-être pas sans raison (intuition des commencements ?) que le mot spiritualité se trouve dans l’objet de l’association Arccis[18]. Pas sans raison non plus qu’à un certain moment, l’association a refusé de lancer une très belle revue du genre ars irradiandi. C’est que, vécus de l’intérieur, les deux aspects de la culture cistercienne sont inséparables, et si les cisterciens devaient n’en choisir qu’un seul, ils garderaient certainement le modus vivendi, même si l’autre pôle donne à leur tradition une dimension qu’on rencontre peu souvent dans d’autres ordres monastiques. 4. Une double hypothèse Nous venons de montrer le lien très fort dans la culture cistercienne entre le modus vivendi et l’ars irradiandi. Que se serait-il passé si l’un des deux pôles avait manqué ? Risquons une double hypothèse. Sans le modus vivendi, la culture cistercienne, réduite à l’ars irradiandi, ne se serait-elle pas limitée à n’être qu’un patrimoine, fort riche au demeurant, mais figé dans un état sans évolution, comme un patrimoine mort ? Les membres de l’Arccis sont très sensibles à la dimension vivante et actuelle de la culture cistercienne ; ils ont choisi d’implanter leur « Centre européen » (Cerccis) à Cîteaux, près d’une communauté vivante, qui, avec toute la famille cistercienne, alimente toujours en sève renouvelée l’arbre toujours menacé au moins d’hibernation, sinon de dessèchement total et de mort. Mais on peut faire encore l’hypothèse inverse : une culture réduite au seul modus vivendi peut-elle transmettre quelque chose ? Ne serait-ce pas pour cette raison, parce que leur ars irradiandi était trop réduite, que certains ordres monastiques ont eu peu de rayonnement sur la société ? Il y a peut-être là une explication à une situation paradoxale : pourquoi un tel rayonnement de la culture cistercienne, alors que d’autres ordres monastiques ont été ou sont encore beaucoup plus importants en personnes et en nombre de monastères ? Ce serait encore un point à approfondir. 5. Conclusion La culture cistercienne est ce qui caractérise la vie des cisterciens, dans son passé et son présent, dans son agir, sa réflexion, sa manière d’être au monde et de se transmettre. Elle unit ce qui fait le plus concret d’une vie humaine, la simplicité d’un habit par exemple, avec le plus élaboré d’une œuvre artistique (architecture, œuvre littéraire, enluminures, etc.). Si la culture cistercienne se révèle si riche, n’est-ce pas parce que l’homme tient une place éminente dans les manifestations principales de la tradition cistercienne que sont la littérature spirituelle et l’architecture ? On trouverait là encore matière à réflexion. En tout cas, cette double polarité de la culture cistercienne explique bien les deux pôles d’attention de l’association Arccis : d’une part, l’ars irradiandi à faire connaître, mais aussi le souci que cette culture soit bien vécue par chacun. Lorsque les statuts parlent de « favoriser la pratique de la spiritualité cistercienne[19] », ce n’est probablement pas autre chose qu’ils veulent dire : le modus vivendi fait bien partie de la culture cistercienne, y compris pour des laïcs. C – L’esprit de la culture cistercienne et le monde
d’aujourd’hui Si on voulait donner une description de la culture cistercienne, il faudrait énumérer les divers éléments dans lesquels se reconnaissent les cisterciens, et qui constituent donc leur culture. Et l’on pourrait alors se poser la question : en quoi la culture cistercienne, dans ses axes majeurs et ses intuitions fondamentales, peut-elle rejoindre les attentes ou les besoins d’hommes de notre temps, ou bien leur poser des interrogations nouvelles ? Voici un essai d’énumération, avec, en face de chaque trait, un correspondant pour la culture de l’homme contemporain (occidental), en positif, en négatif ou sous forme de question, avec lequel la culture cistercienne pourrait entrer en dialogue :
Si quelqu’un se trouve en harmonie avec ces 10 points (et sans doute aussi quelques autres), il se trouvera certainement en harmonie avec les cisterciens, leur vie actuelle, leur histoire, leur patrimoine, en un mot, leur culture. D – Faire rayonner la culture cistercienne Comme nous venons de le voir, au cours de l’histoire, la culture cistercienne s’est concrétisée de multiples manières : dans des écrits, des œuvres artistiques (architecture, peinture, enluminures, musique, etc.), des institutions (charte de charité, chapitre général,…), mais elle s’est aussi perpétuée dans un modus vivendi. En faisant connaître ces réalisations étonnantes par leur nombre et leur diversité, la famille cistercienne, et l’association Arccis pour sa part, veut transmettre au monde contemporain cette « culture » avec les valeurs qu’elle porte. Elle pense ainsi faire œuvre utile pour les cultures où les communautés monastiques sont insérées. L’objet propre de notre association étant de faire rayonner, de diffuser, de faire connaître cette culture ainsi que de favoriser la pratique de la spiritualité cistercienne, on peut se demander quels sont ceux qui sont visés par cette démarche. La culture cistercienne étant, par définition, constitutive de la famille cistercienne, ce n’est donc pas à l’intérieur de cette famille que l’on doit chercher à la faire rayonner, mais évidemment à l’extérieur, c’est-à-dire vers tous ceux qui n’en font pas partie. L’association retrouve ici un point qui la marque depuis ses débuts : l’intuition initiale vient d’un laïc, et les actions qu’elle a menées ont toujours été destinées en priorité aux laïcs. C’est évidemment à la famille cistercienne de dire si ce qu’elle veut faire rayonner fait bien partie de sa culture, et il est donc normal que l’association soit composée essentiellement de membres de cette famille. Mais le but de son action est externe à l’association et à la famille elle-même. Certes, étant donné le caractère confessionnel (chrétien) très fort de la culture cistercienne dans son fondement et ses principales manifestations, le rayonnement touchera sans doute en priorité ceux qui professent la même confession de foi, mais ce n’est absolument pas exclusif de tous les autres. La culture cistercienne, à sa mesure et selon ses modes d’agir propres, peut toucher les cultures (modus vivendi) du monde entier. frère Gérard Joyau membre
du conseil d’administration de l’ARCCIS janvier
2008
[1] On pourrait citer ici des textes « officiels » qui mentionnent la culture (voir le site ocso.org). Selon une première approche, il semble que le mot culture est utilisé, au moins dans les documents ocso, quasi uniquement pour désigner une (ou des) réalité extérieure à la vie cistercienne ; celle-ci doit en tenir compte, s’adapter, etc., mais on ne dit jamais que la vie cistercienne elle-même est génératrice et porteuse de culture, sauf une fois dans un texte de M. Martha Driscoll de juillet 1999, "Égalités nouvelles : moines/moniales, moines/prêtres" : « On apprend ensemble, à partir des mêmes sources [il est question de formation dans les communautés]. Les cours ou les chapitres ne sont pas des activités purement intellectuelles, mais plutôt des lieux de réflexion, de prière et d'échange, qui conduisent à l’intégration de nouvelles idées et conceptions dans notre vie communautaire. Une culture est en train de se développer, qui accroît notre capacité à approfondir et élargir notre vision commune. » [2] En 2005, à l’abbaye d’Acey ; en 2006, à l’abbaye de La Trappe. [3] Pour cette étude, ont été consultées les sources suivantes : Jean-Marie HEINRICH « Signification de la culture », Parole sans frontière©2003, 5 rue Grandidier, 67000 Strasbourg (se trouve sur Internet) ; Art. « Culture » dans le Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction de Alain Rey, Paris, Le Robert, 1992, p. 542-543 ; Art. « Culture » dans Encyclopaedia universalis, vol. 5, 1968. [4] Ce point emprunte beaucoup à l’article « Culture » dans le Dictionnaire historique de la langue française, op. cit. [5] Le supin est un temps primitif en latin ; base des participes parfaits et futurs (leur radical est formé à partir du radical du supin), il a deux formes : en –um, il fonctionne comme complément de verbe de mouvement, pour signifier le but ou le mouvement (Venimus tecum lectum : nous venons lire avec toi. - Eo lusum : je viens jouer) ; en –u, il fonctionne comme complément de quelques adjectifs (Difficile dictu (Cic., Tusc., 5, 38) : difficile à dire ; mirabile visu : chose admirable à voir). [6] En parlant du caractère « non matériel » de l’être humain, nous ne voulons pas nier sa dimension matérielle, mais nous considérons le fait qu’il la dépasse. Le développement de ce point doit beaucoup à l’article, parfois cité littéralement, de Jean-Marie HEINRICH, « Signification de la culture », op. cit. [7] Dans la société actuelle, on peut distinguer trois grands facteurs de production symbolique : le langage, les mass-media, la publicité. [8] Par exemple : L’Association pour la Fondation Europe, constituée et domiciliée à Paris, avec un siège légal aussi à Milan, et des bureaux à Bruxelles, est une Organisation internationale sans but lucratif. Ses objectifs : réaffirmer le droit de la culture chrétienne à être présente, au même titre que les autres cultures, au sein des Institutions européennes, afin d’assurer la liberté de tous (http://www.afeuropa.org/french/quisommesnous.php). Il me semble que culture a bien ici le sens qui vient d’être défini. [9] Dans un discours de février 2007, M. François Bayrou a cité "trois grandes étapes" pour une « nouvelle politique culturelle pour la Nation »: défense du patrimoine, aide à la création et éducation. Comme autre exemple, nous pourrions prendre la rubrique « culture » d’un quotidien comme La Croix (ou d’autres journaux ou médias) ; on y retrouverait à peu près les mêmes éléments. [10] Art. « Culture », Encyclopaedia Universalis, vol. 5, 1968, p. 225. [11] Au Vatican, c’est le Conseil pontifical pour la culture, présidé par le Cardinal Poupard. [12] Telles sont les bases de données énumérées sur le site Internet : http://www.culture.gouv.fr/culture/bdd/index.html. [13] Nous n’évoquerons pas, dans le cadre limité de cette étude, le fait des sous-cultures. En effet, chaque culture peut souvent se subdiviser à son tour en plusieurs sous-cultures, chacune représentant un aspect particulier de la culture générale. Il est à noter qu’une sous-culture peut souvent se rattacher à plusieurs cultures. Par exemple, la culture des employées de commerce en France peut être considérée comme une sous-culture professionnelle dans la culture générale française, ou bien une sous-culture française de cette profession en général. [14] Cette appellation, inédite, n’est en rien définitive. En latin, ars (mot féminin) désigne souvent une habileté acquise par l’étude ou la pratique, une connaissance technique (cf. A. Ernoult et A. Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine, Paris, Klincksieck, 1932, p. 72). Selon le Dictonnaire étymologique de la langue française, op. cit., p. 118, il signifie « façon d’être » et « façon d’agir ». Au XVIe siècle, on emploie le mot art, en opposition à nature, pour signifier tout ce qui est produit par l’homme, ce qui sera désigné plus tard par le mot culture. C’est dans ce sens général que nous l’employons ici. Quant à « irradiandi », de « irradiare », il signifie dans ce contexte, d’une manière très générale, l’action de rayonner. [15] Quoi qu’il en soit du sens ou des sens possibles du mot « patrimoine », de fait il est lié le plus souvent à l’architecture ; le site Internet du ministère de la culture en France les associe explicitement. [16] Comme pour « ars irradiandi », l’utilisation de cette expression dans ce contexte peut être critiquée. Elle veut exprimer tout ce qui, dans la vie d’une personne ou d’un groupe, permet d’affirmer qu’elle fait partie de telle culture. L’expression « modus essendi » nous paraît moins bien convenir pour désigner cette réalité, car à résonance trop philosophique. [17] Cette spiritualité est elle-même basée sur une théologie bien particulière. Voir, entre autres, les études fondamentales d’Étienne Gilson ou de Jean Leclercq. [18] Au numéro 3 des statuts, cité en tête de cette étude. Notons, dans ce texte, les deux verbes « faire connaître » et « favoriser la pratique », qui correspondent aux deux pôles de la culture cistercienne que nous venons de mettre en lumière. [19] Au numéro 3 des statuts, cité en tête de cette étude. | ||||||||||||||||||||||